Préparer un entretien : 8 conseils pour mieux s’exprimer

Aujourd’hui nous allons parler du pilier de la communication entre deux interlocuteurs : comment vous exprimer. Après avoir abordé l’importance de l’intonation de la voix, je me suis rendu compte que je devais aborder un autre thème : savoir construire un discours efficace. J’ai constaté que peu de personnes appliquent les conseils donnés dans la suite de l’article. Ils sont pourtant de grande valeur et améliorent fortement l’impact de ce que vous dites. C’est parti pour les 8 commandements qui font la différence !

Qu’allons-nous voir concrètement aujourd’hui ?

Je vous vois avec des yeux écarquillés : « ça va, je sais parler, pourquoi aurais-je besoin de conseils pour m’exprimer ? »

En réalité, peu de personnes parviennent à exprimer leurs idées avec l’impact qu’elles méritent. Le fond est bon, mais la forme manque tellement de pertinence que l’on éprouve des difficultés à être intéressé par leurs propos.

Ce qu’il faut savoir, c’est que tout le monde juge un message aussi bien sur son fond que sur sa forme : vous êtes donc certain de ne pas réussir à convaincre quelqu’un avec une forme mal construite.

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 Même Michael Knight vous le dit : la forme est aussi importante que le fond!

Imaginez : c’est comme si vous trouviez la voiture de vos rêves à un prix défiant toute concurrence. L’intérieur et le moteur sont en parfait état, le contrôle technique est parfait et pourtant, un seul point vous chiffonne : elle est cabossée de partout.  Concrètement, cette voiture est un excellent choix. Mais son allure vous rebute vraiment.

Allez-vous l’acheter ? Laissez-moi deviner : au mieux, vous hésitez. Et c’est normal : c’est bien là l’importance de la forme pour tout message, comme pour la majorité des choses visibles dans ce monde.

 

La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut avoir un discours bien plus percutant ! Tous les conseils donnés ci-dessous demandent un peu de travail, mais celui-ci sera gratifiant : vous vous en rendrez compte dans vos interactions de tous les jours.

 

Les 8 commandements des meilleurs orateurs

  • 1°) Des phrases courtes vous adopterez

Une phrase efficace se compose d’une proposition principale et d’une proposition secondaire au maximum. J’en vois à qui ces mots rappellent le collège avec horreur (oui, moi aussi). Des phrases courtes sont la garantie que votre message est digeste : comme la nourriture, ça passe mieux en petits morceaux. De plus, cela vous permet de respirer entre les phrases, un atout non négligeable pour ceux qui ne sont pas plongeurs professionnels.

A l’écrit, c’est facile à contrôler: on dit qu’une phrase ne doit pas dépasser 25 mots. A l’oral, vous n’allez pas compter les mots dans votre tête, ça vous empêcherait de vous concentrer.

Si vous pensez déjà faire des phrases courtes, imaginez-vous dans une situation d’entretien. La volonté de donner un aperçu complet de notre personnalité combinée avec une durée de temps limitée nous fait tomber facilement dans 2 pièges :

– Tout d’abord parler le plus vite possible : le message n’est alors pas entendu.

– Et ensuite donner des réponses longues d’une seule phrase : le message est inintelligible.

Bref, les phrases longues, c’est scier la branche sur laquelle on est assis, et les phrases courtes, c’est la vie.

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Buffy est fin prête à découper ses phrases. Et vous ?

L’exercice pour faire des phrases courtes : la pratique à l’écrit aide beaucoup, car elle vous oblige à penser en phrases courtes. En parallèle, entraînez-vous à couper vos phrases en plusieurs.

 

  • 2°) Les formes positives vous vous imposerez

Un point que j’adore ! Parmi les plus belles nuisances de la communication, je vous présente la forme négative double ! Qu’est-ce donc ? C’est le réflexe de remplacer un terme positif par un terme négatif doublé d’une négation.

C’est flagrant en français, nous sommes très fans des litotes : vous savez, le fameux « vous m’aimez ? Je ne vous hais point. ». Eurk. D’ailleurs, une expression symbolise à elle-seule à quel point nous sommes forts dans cet art :

« PAS MAL »

Cette forme est atrocement néfaste pour votre discours parce que vous alignez deux termes négatifs au lieu d’un positif. De plus, aucune forme négative double ne peut présenter autant d’impact que la forme positive.

 

Exercice pour les formes positives : pas de secret, un travail au quotidien vous permettra d’avoir les propos les plus positifs. Qui que soit votre interlocuteur (famille, ami, poney), forcez-vous à utiliser la forme positive pour exprimer vos idées. Vous arrêtez de ne point haïr, vous aimez. Vous ne trouvez pas un film pas mal, vous le trouvez passable ou bien. Vous ne jugez pas cet article pas dénué d’intérêt, vous le trouvez enrichissant (enfin, j’espère ! ).

 

  • 3°) Avant d’ouvrir la bouche, vous réfléchirez

L’adage « tournez sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler » m’a toujours fait rire (dans quelle bouche doit-on le faire ?) mais il est incroyablement vrai.

Dans un échange rapide, la majorité des personnes prennent la parole dès qu’on leur donne, sans réfléchir. C’est le meilleur moyen de s’embourber dans ce que l’on veut dire.

Pour éviter cela, vous devez avoir votre phrase entière dans la tête. Cela vous prendra 2 secondes, soit le temps d’un silence nécessaire pour mettre de l’impact à votre phrase précédente. Ca tombe bien, on en parlait ici . Cela va en plus vous permettre d’éviter des tics verbaux (point 4) et les situations de rupture (point 5).

 

Exercice pour réfléchir à vos propos : la pratique, la pratique et… la pratique

 

  • 4°) Les mots parasites vous éliminerez

Ecouter quelqu’un, c’est comme écouter la radio : on se concentre sur le message principal malgré les parasites du signal. Si ceux-ci sont trop forts, on ne peut plus bien entendre et on ne comprend pas bien.

Nos parasites, ce sont ces mots que l’on rajoute par tics verbaux. Dans le top 3 on trouve « En fait », « Un peu » et « euuuuuuuuuuuh ».

Ce top 3 est très largement partagé. Pour autant, personne n’est à l’abri d’un autre tic : les miens sont « bah tout simplement » et « grosso modo ».

Les éliminer aidera vos interlocuteurs à mieux se concentrer sur ce que vous dites.

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 » Les tics verbaux, c’est mal, m’kay ? « 

Exercice pour éliminer les mots parasites : demandez à quelqu’un qui vous connait bien quels sont vos mots parasites. Achetez un pot dédié à verser une pièce chaque fois que vous prononcez ces mots. Vous pourrez récupérer l’argent quand vous ne les aurez plus utilisés depuis 2 semaines.

 

  • 5°) Interrompre vos phrases vous saurez

N’hésitez pas à arrêter de parler lorsque vous sentez que vous vous embourbez dans une phrase. Lorsqu’on parle sans réfléchir,  il peut arriver d’entendre sa propre phrase dévier de ce qu’on voulait dire au départ. Le premier réflexe est d’essayer de broder pour revenir à l’idée initiale : c’est très compliqué en pratique. En fait c’est quasiment impossible.

En revanche, il est bien plus facile de dire simplement à votre interlocuteur :

« Excusez-moi, ce n’est pas ce que je voulais dire, je vais reprendre ma phrase depuis le début. »

 

Exercice pour interrompre vos phrases : dites cette phrase dès que vous sentez votre phrase vous échapper. Le meilleur moyen d’éviter qu’une phrase vous échappe est évidemment de réfléchir à vos phrases avant de parler. Mais ça, vous le savez déjà !

 

  • 6°) La forme active vous privilégierez

Savoir parler à la première personne avec une forme active est peut-être le conseil le plus utile de cet article. Dire « Je » met en valeur vos actions et votre responsabilité, et la forme active vous confie les rênes de l’action.

À la forme active, le sujet fait l’action. À la forme passive, le sujet subit l’action. Cette définition montre d’elle-même  l’intérêt que vous avez à parler avec une forme active.

Sachez que toute phrase passive peut être tournée à la forme active. Dire « mon tuteur fixait mes objectifs » peut être dit de cette manière « je remplissais les objectifs fixés par mon tuteur ».

 

Exercice pour adopter la forme active : forcez-vous à commencer vos phrases par « Je » ou « Nous ».  Forcer votre implication dans le sujet va vous obliger à tourner vos phrases avec une forme active.

 

  • 7°) Votre personne vous impliquerez dans vos réponses

Lorsqu’on vous pose une question, répondez avec une phrase exprimant votre avis. Cette technique vient des hommes politiques et permet de montrer votre volonté de le partager. On rejoint le point 6 car vous prenez la responsabilité de l’action à travers votre jugement.

Concrètement, vous pouvez retenir plusieurs expressions :

  1. Je m’engage (personnellement) à …
  2. Je suis convaincu que …
  3. Je souhaite …
  4. Je suis d’accord.
  5. Je veux …
  6. J’ai envie de …
  7. Je pense que …

Il en existe plein d’autres et vous pouvez les utiliser avec des négations évidemment.

 

Exercice pour vous impliquer dans vos réponses : reconnaissez les propos dans lesquels vous émettez des avis. Dès lors, incluez les formes indiquées plus haut pour formuler votre idée.

 

  • 8°) Avec la réponse vous commencerez

Lorsque l’on vous pose une question, votre première phrase doit contenir la réponse directe à celle-ci. De cette manière, les explications que vous ajouterez seront une argumentation en la faveur de votre réponse.

A contrario, commencer avec l’explication de votre réponse sans celle-ci va tout d’abord embrouiller votre interlocuteur. De plus, cela va sonner comme une justification : c’est le meilleur moyen de montrer au recruteur que vous n’êtes pas convaincu de votre réponse (même si c’est le cas).

Le meilleur exemple est celui d’un enfant qui doit expliquer une bêtise : il va donner un tas d’informations avant d’avouer. On a tous cet exemple à l’esprit et c’est pourquoi les tournures de phrases analogues sonnent comme des justifications.

Exercice pour répondre directement : lorsque vous réfléchissez à la question que l’on vous a posée, assurez-vous d’inclure l’élément direct de réponse dans votre première phrase. Pour en être certain, demandez-vous si votre interlocuteur serait satisfait de votre réponse si celle-ci contenait uniquement cette phrase.

 

Tous ces éléments vont améliorer significativement votre prise de parole et la compréhension de vos interlocuteurs. Alors entraînez-vous bien ;).

 

CHECK-LIST

– Faites des phrases courtes.

– Utilisez des formes d’expression positive plutôt que les négations doubles.

– Réfléchissez à votre phrase avant de la formuler.

– Cherchez vos mots parasites et essayez de les faire disparaître.

– Interrompez les phrases dont vous perdez le contrôle et annoncez que vous allez les redémarrer.

– Positionnez-vous autant que possible comme la personne à l’origine des actions dans vos phrases.

– Exprimez votre avis en incluant « Je ».

– Répondez à une question avec l’élément de réponse dans la première phrase. Puis argumentez.

 

 

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Fabrice Touzet
Je suis passionné par les techniques pour savoir se vendre en entretien de recrutement. J'anime un blog avec du contenu gratuit pour préparer un entretien d'embauche, bien négocier son salaire ou encore réussir sa carrière professionnelle. Pour bénéficier de tous ces conseils exclusifs et plus encore, ne manquez pas de vous inscrire à la newsletter de mon site, www.decrochetonjob.fr .
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